
Bal des Canés
Une série de tableaux graphiques à partir de photographies de personnes disparues
Le Bal des Canés est un projet de création fondé sur la transformation poétique de photographies de personnes disparues.
À partir d’une image existante, je compose une vision sensible, symbolique et singulière de l’être disparu. Chaque œuvre cherche moins à reproduire qu’à révéler : une présence, une mémoire, une intensité, une trace intérieure. L’image initiale se métamorphose dans une atmosphère intime, onirique, parfois héroïque, où la mort n’est pas effacée, mais approchée autrement — avec douceur, émotion et profondeur.
Ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur notre rapport contemporain à la disparition, à l’absence et à la mémoire. Dans des sociétés où la mort tend souvent à être tenue à distance, Le Bal des Canés propose un espace de réappropriation sensible : une manière de regarder l’absence sans la réduire au silence, et de laisser apparaître, à travers l’image, une forme de présence poétique.
La première étude de cette série est née à partir d’un portrait de ma mère, disparue en décembre 2019. Le point de départ intime est un texte écrit lors de son adolescence consacré à son rêve d'espace et de cosmonaute.. Il a progressivement ouvert un espace de création plus large autour de la mémoire, du deuil et de la persistance sensible des êtres disparus.
« Depuis longtemps je rêve de devenir un cosmonaute mais malheureusement je suis une fille. Vous vous rendez compte comment serait ma vie, pleine d’aventures. Ce serait passionnant. (...) J’aurais aimé être le personnage qui a mis le premier pas sur la lune. L’émotion et la joie, ce serait moi qui les aurais ressenties. J’aurais goûté la pesanteur de la lune. (...) J’aurais pu vivre au clair de Terre. Même quelques instants, cela m’aurait suffit. L’univers tout entier je l’aime avec ses merveilleuses planètes cachant bien leurs secrets, avec ses milliards d’étoiles plus belles les unes que les autres. Mon rêve est celui-ci. Et pourquoi ? Impossible de vous le dire, c’est peut-être que j’aime l’univers et ses secrets. » Diane, 1974 (14 ans)
Pour toute question, échange ou intérêt autour de cette série, vous pouvez me contacter directement.
Pour aller plus loin :
Le projet s'élabore autour de la question de « la désocialisation de la mort » dans les sociétés occidentales contemporaines hautement technicisées. La mort n’est plus acceptée avec sérénité et on assiste le plus souvent à une mise à distance spatiale et relationnelle du mort (Marie Tellier, 2013. L’homme et la Mort. Biblis. Le passé recomposé.).
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